Archive for May, 2008

Comment échantilloner et caractériser le parcours du visiteur

Tuesday, May 27th, 2008

Ce que ressort de nos derniers tests, c’est que nos outils d’analyse (GPS et accéléromètre) produisent un signal pas toujours très précis et avec pas mal de bruit.

-> Les GPS ne sont pas très fiables: d’un jour à l’autre, ils changent de comportement (ont-ils des humeurs ?), et ils dérapent parfois, sans crier gare, dans un parcours enregistré qui semble sans faute. Il faudra donc allier la force magnétique des rails (en fait un magnétisme sur les routes pour éviter de traverser un salon ou une chambre à coucher sans le vouloir) et un choix drastique sur le meilleur GPS existant (que nous devons encore trouver)

-> L’accéléromètre a trop de bruit: le comportement humain enregistré par cet outil (qui enregistre les variations de mouvement dans les 3 axes) est trop chaotique pour qu’il soit possible d’en tirer un comportement clair et évident. Ce qui peut être lu “facilement” c’est la différence entre une position au repos et un mouvement - ce qui est déjà une bonne base. L’idéal serait que pour la phase deux on puisse différencier également les états suivants:

  1. état marche en vitesse normale / état course
  2. état marche “lisse” / état marche “cahotique”

Voici une image graphique d’un test compilé par Nicolas Goy:

accelerometre_test

J’ai marché, puis couru, puis tourné sur moi même, puis je me suis assis et relevé…

Nous avons donc deux possibilités:

-> accepter les imperfections (en essayant d’optimiser un maximum les résultats que nous avons actuellement) en se disant que l’important est que le film résultant fonctionne. Il s’agit de se donner un but idéal qu’il s’agit de viser (quelle dose de poésie, de narration, de liens de causalité etc); un autre chantier.
De toutes manières, une partie de la logique de montage sera implémentée dans dans la base de données média - à travers un certain nombre de règles (chantier encore ouvert).

-> essayer de rajouter d’autre capteurs (lesquels ?) ou systèmes d’analyse (par exemple avec plus de “input” de la part du visiteur) afin de rendre l’analyse de ce parcours plus précis.

C’est une question importante: plus précis on sera dans cette analyse, plus on aura d’éléments pour “piloter” le montage - mais pour le moment on ne sait pas la dose exacte de données sortant de nos outils d’analyse qu’il faut pour que le système puisse permettre notre film idéal…
L’enjeu est de taille, et ce n’est qu’à travers des tests et re-tests que l’on pourra définir de quelle manière on pourra faire le pont entre les données à la sorties de nos deux modules et les métadonnées que nous aurons minutieusement indexées en amont.

UF le 29.05.2008

L’état de nos nuages - ciel changeant avant l’été

Tuesday, May 27th, 2008

Un des points qui revient sans cesse, parce que nous n’avons pas encore trouvés de solution élégante et satisfaisante, est celui de la représentation de la base de données médias sur la carte du territoire - autrement dit: quelles informations (ou métadonnées) “remontent” à la surface en devenant une cible ou un point d’intérêt que le visiteur peut chercher.
C’est un élément important dans le sens que le visiteur doit pouvoir très rapidement et intuitivement sentir de quoi peut être fait le film qu’il va marcher tout en choisissant lui même dans quelle(s) direction(s) il a envie de le mener.

On peut prendre l’image d’un iceberg dont on ne voit qu’une petite partie de la masse - de la même manière, la plus grande partie des caractéristiques que nous aurons assignées à chaque médias demeurera invisible; mais par contre, on devrait pouvoir sentir leur présence à travers la manière dont le haut dépasse et flotte.

Une autre image que nous avons beaucoup employée est celle du nuage: une forme molle qui se laisse traverser, immatérielle et matérielle en même temps - finalement assez représentative de ce monde virtuel (les médias) que nous voulons implanter dans l’espace urbain…

Pour le moment, nous avions comme piste principale pour cette question de représentation les thèmes, c’est à dire de permettre une concentration du potentiel narratif à travers un thème “majeur” déterminé dans chaque média.
Mais nous nous sommes butés à la difficulté de trouver des thématiques suffisamment abstraites pour fonctionner sur n’importe quelle portion de territoire, tout en étant suffisamment concrètes pour se visualiser clairement dans chaque média, tout en n’oubliant pas qu’ils doivent également - à travers leur dénomination - susciter une envie de s’y plonger.

- NOUVELLES PISTES -

En discutant l’autre jour avec Pascal Amphoux et Nicolas Wagnières, nous avons retourné la question en invoquant les possibles suivants:

- ne plus considérer des nuages différents qui se côtoient / se superposent (comme des ensembles différenciables avec des couleurs variées), mais comme des strates de nuages qui se trouvent à des altitudes différentes (et qui sont donc de natures différentes). Pour continuer avec des images, c’est un peu comme depuis un avion: on peut voir plusieurs couches de nuages, les unes masquant les autres et parfois laissant passer ce qui est notre base, la terre. Cette image est empruntée à Johan Van der Keuken (citation pas encore trouvée) qui compare la vision que l’on peut avoir d’un montage d’un film à un voyage en avion…

- cette nouvelle manière de voir implique donc l’arrivée d’une “nouvelle dimension”: l’axe du Z… ou la profondeur de l’espace. Se pose maintenant la question de comment on navigue dans cette profondeur: soit on passe d’une couche à une autre (en activant / désactivant les couches qui se superposent), soit à travers un réel mouvement qui les traverse (un zoom). Cette dernière solution est assez vertigineuse (c’est le cas de le dire) et demande une représentation différenciée des couches pour que l’on puisse sentir les natures différentes des nuages qui masquent plus ou moins partiellement notre territoire (le réel).

- cette tendance à superposer et non plus à juxtaposer vient également d’une analyse que l’on retrouve de différentes manières chez quelques théoriciens (dont Deleuze déjà cité ici auparavant). Pascal Amphoux propose la lecture suivante concernant 3 type de postures que l’on peut prendre face au réel:

  1. analytique: observation / passif -> dehors
  2. engagé: vie / interaction -> dedans
  3. poétique: esthétique / paysage -> dedans et dehors

Cette manière de voir les choses implique qu’il n’y a pas d’exclusion d’une posture par rapport à une autre: elles co-existent toutes en même temps mais les rapports entre elles fluctuent - et c’est justement les pondération et variations qui nous intéressent ici.
Ce que nous voulons tenter maintenant est la chose suivante: affecter une posture à chaque média tout en lui indiquant une valeur (entre 0 à 100). Ce qui n’est pas encore très clair est la combinaison ou l’exclusion de postures (si par exemple un média peut être à 40% analytique et à 60% poétique… ?).
Nous avons par contre déterminé la manière dont pourront être visualisées ces nuages (on a piqué cette séparation quelque part - c’est très classique):
-> 1 analytique en bleu
-> 2 engagé en rouge (tiens donc)
-> 3 poétique en vert

- utiliser les titres de chaque média (on parle parfois de brique, mais c’est pas très digeste) comme “atome” et la constellation de titres comme des “cellules” (ou carrément des organismes ?!?): plus on est loin et plus les titres se superposent; on peut donc voir par la densité de noir les endroit qui rassemblent le plus de titres. En zoomant en avant sur la carte, la lisibilité augmente et on arrive à différencier les titres les uns des autres.
Autrement dit: un nuage, c’est une nuée de mots.

Mis à jour le 03.06.2008 UF

Point de la situation mi-mai

Wednesday, May 14th, 2008

Comme d’habitude en milieu de mois, quelques nouvelles en vrac des derniers développements:

1) Réunion du 13.05 au HEIG-VD avec Nasfaran Fatemi, Florian Poulin, Nicolas Wagnières et Ulrich Fischer.

Le but de cette réunion était de clarifier le travail à faire de leur côté en vue de créer le moteur d’analyse du parcours (qui a pour but de pouvoir automatiquement créer le flux sonore sur le module embarqué et le film).

Il en ressort les points suivants:

→ Analyse du flux de données (ce qui vient du GPS et de l’accéléromètre)

Deux flux avec des temps différents (échantillonnages temporels) vont arriver à ce moteur en parallèle: un fichier csv traité en amont contenant les données lissées venant du GPS et un autre fichier .csv contenant une première interprétation du mouvement fourni par le visiteur à travers l’accéléromètre.
Il reste à définir la périodicité de lecture dans ces fichiers qui sont écrits en cours de route: il y a le temps réel (pour le GPS toutes les secondes, pour l’accéléromètre plus souvent encore ?), une première épaisseur temporelle - une durée - de 15 sec (par exemple), une autre de 30 sec, une autre de 1 min, une autre de 3 minutes et une ultime qui porte sur la totalité de l’enregistrement. Il est clair que plus le temps de cette “épaisseur” augmente, plus les résultats seront des moyennes et fourniront une appréciation lisée du parcours - mais c’est une information importante pour définir le développement narratif sur une certaine durée en garantissant une continuité et logique…

Le GPS pilotera directement les thématiques et l’accéléromètre amènerait tout le détail nécessaire afin de faire des choix en adéquation avec la caractérisation fine du parcours. En portant cela au niveau de l’indexation, le GPS est relié au contenu thématique des images alors que l’accéléromètre est relié aux l’aspects formels, au sujet et autres caractérisations de l’image.

→ Sélection des médias (liste ordonnée de médias sélectionnés)

Il s’agit de définir des règles, basées sur ce type de modèle (exemples):

- mouvement rapide/lent → donne la durée du média
- mouvement logique/illogique → influe sur la logique du montage
- mouvement continu/discontinu → détermine le rythme du montage

Nous sommes en train de mettre à jour la base de données, ce qui permettra de “tirer des flèches” entre cette analyse et le / les champs sur lesquels cette analyse portera et fera effet…

NW et UF, 14.05.2008

Module embarqué - quelques tests et nouvelles directions

Monday, May 12th, 2008

Grâce au talents de programmateur de Nicolas Goy, nous avons pu dompter le module embarqué (simple touch PC) et lui ajouter les fonctionnalités suivantes:

  • driver pour la carte graphique (encore un problème de performance lié à l’openGL, mais à voir)
  • affichage d’une carte vectorisée et raster
  • driver pour un module GPS ainsi que conversion des données GPS vers le système métrique suisse
  • fonctionnalité d’enregistrement du flux du GPS
  • affichage en temps réel de la position sur la carte
  • driver pour implémenter le touch screen
  • ajout d’un bouton d’enregistrement start / stop sur l’écran
  • driver pour un accéléromètre (terminé mais pas encore testé)

Voilà 2 images du module embarqué avec son alimentation (transportable…) ainsi que le GPS Holux relié en USB. Le bouton rouge tout en bas à gauche est pour enregistrer (en cours à ce moment); le bouton est vert lorsque le système n’enregistre pas (en pause):

 

module embarqué large

module embarqué serre

 

On voit qu’on est encore loin d’une solution ergonomique - mais ce n’est pas le but de cette première étape qui vise à tester mécaniquement les composants et interactions entre données brutes, code, base de données puis au final le film.

Quelques réflexions sur des choses à améliorer, faire évoluer:

  • on le voit sur les images: trouver un écran qui “résiste” au beau temps et qui fonctionne dehors;
  • réactivité du système (surtout si l’on implément des commandes et boutons sur l’écran), ce problème est lié aux performances de la carte graphique;
  • portabilité (poids, encombrement) et ergonomie de l’ensemble (pas de câbles qui pendouillent etc).

Ci desssous le résultat d’un test GPS avec la configuration sur la photo:

Test parcours 120508

A part quelques mètres qui sont justes, il y a beaucoup de décrochages qui sont pas de bonne augure - le GPS a tendance à perdre ses satellites et à mettre très lontemps avant de retrouver le bon endroit.

A télécharger la traduction pour google earth du test parcours holux.

Suite à ces premiers résultats, les pistes suivantes ont été (ré)ouvertes:

- Abandon des coordonnées métriques Suisse, ceci pour une meilleure interportabilité avec des logiciels comme Google Earth et des cartes d’autres villes / pays. La trop grande précision n’était finalement pas nécessaire ici;
- Abandon de la carte de swisstopo. La carte swisstopo contient beaucoup trop de points, et certaines routes qui peuvent être intéressantes (chemin d’accès à une usine…) n’y sont pas indiquées;
- Remplacement de la carte swisstopo par une carte home made (style map.search ou google ou…);
- Dessiner des “rails” qui vont magnétiser les positions du GPS sur les routes - cela va aider à mettre le parcours correctement sur les tracés des routes et éviter de passer à travers des cuisines inconnues… Il va clairement être mentionné au visiteur que son parcours ne sera que restitué correctement s’il suit les tracés des routes marquées sur la carte du module;
- Utilisation d’une image raster pour les bâtiments et les décors (arbres, rivières…), personnalisation de cette carte avec des layers à définir (routes et nom des routes, bâtiments; zones forêt et aquatique; nuages thématiques; etc)

UF 14.05.2008

Traces sur le territoire

Sunday, May 4th, 2008

Quelques exemples de traces, à télécharger à travers les liens et ouvrir via google earth.

Un chemin enregistré par le GPS wintec: travelling by night, en voiture, par Gwenola, Stéphane et Nicolas

View Larger Map

Un autre, parcours à pied, le 29.04 au matin par Gwenola et Stéphane:


View Larger Map

On voir que la trace à pied n’est pas toujours très précise … à comparer avec les autres traces réalisées par Daniel Sciboz qu’il a fait le jour d’avant: Parcours DS à pied, le 28.04 au matin

A télécharger et ouvrir dans google earth également le fichier test comparatif GPS par Daniel Sciboz

C’est intéressant de voir les 4 manières d’enregistrer le même parcours - on voit qu’il y a de bons décalages; à première vue, c’est le module Wintec qui fonctionne le mieux (le plus réaliste). Maintenant, il faudra faire le même test avec le module embarqué avec son GPS Holux… ce sera fait dès la semaine du 12 mai.

UF 07.05.08

Tournages fin avril - digest

Sunday, May 4th, 2008

Avant d’entrer dans les détails de ces tournages, voici quelques éléments concrets:
- nous avons tourné environ 6 heures d’images, ce qui correspond à environ 400 clips (start / stop caméra). Nous avons tourné avec des caméras très diverses, de l’appareil photo à la Z1 (HDV) en passant par une PD-150 (DV en standard définition) et une HVX-200 (DVCPRO HD);
- nous avons fait des prises de vues très variées également: interviews spontanés, discussions avec des habitants (surtout des enfants), plans photographiques cadre fixe (via trépied), prises de notes vocales en tournant en marchant, plans “matière” (réflexions et superpositions) etc;
- en plus de ces prises de vues, Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin ont effectué des prises de son et Daniel Sciboz a fait des tests GPS qui seront publiés et comparés ultérieurement.

Le but est de mettre en ligne quelques exemples (bruts et prémontés) prochainement sur le blog, idéalement liés à une carte.

Nous allons maintenant attaquer le choix des médias (in/out dans les clips choisis) ainsi que leur catalogage (ajout des métadonnées), ce qui va prendre dans les 2 à 3 semaines. D’ici fin mai nous pourrons donc placer les premiers médias sur la carte et faire quelques simulations (non automatisées) - prémontages de quelques médias afin de donner des intentions et de tester quelques combinaisons.

Maintenant, quelques considérations post tournage:

  • nous avons tourné en focalisant notre attention sur le fait de trouver le “bon” rapport au territoire, en cherchant à travers quelques improvisations des points de repère et éléments marquants. Le but était que chaque personne impliquée puisse trouver un rapport juste entre sa subjectivité (intérêts de fond et de forme, fonctionnement personnel) et la multitude de pistes qui se dégagent au quotidien… Comme le projet est complexe à appréhender, nous avons décidé de nous immerger dans ce premier temps dans l’espace choisi en évitant de forcer le trait (de plaquer une idée sur le réel) mais en étant un maximum ouvert et curieux. Et, Renens nous a très bien accueillis en nous offrant quelques belles rencontres.
  • il ressort du premier visionnement des rushes qu’il y a déjà quelques combinaisons intéressantes “dans l’air”, qui semblent pouvoir fonctionner formellement ou de média en média; il reste toujours la question des combinaisons narratives sur l’ensemble du film qui demeurent pour le moment trop lointaines (on va y arriver plutôt dans la phase 2) pour que l’on puisse tirer des conclusions et élaborer des concepts définitifs. (Pistes: voix off, cartons inter-titres / texte, chaîne narrative indexée dans les métadonnées etc)
  • nous devons absolument mettre de l’ordre dans l’intitulé et la dénomination des concepts; pour le moment le gros point à résoudre est lié à ces nuages, aux thèmes (on s’est dit de ne plus les appeler thèmes, mais on a pour le moment pas trouvé mieux).
  • dans le cadre de cette discussion sur les thèmes, on a abordé encore deux points importants: d’une part le contenu de ces thémes et d’autre part la logique qui sous tend à leur dénomination / définition et leur contenu.
    En somme, si l’on veut être pragmatique, on devrait pour le moment fonder la logique des thèmes sur les obsessions des divers participants: c’est chaque réalisateur qui défini son thème principal (il ne devrait pas en avoir plus que 5), ce qui tend à dire que chaque réalisateur aura “son” nuage.
    L’autre alternative, plus compliquée à mettre en oeuvre car nécessitant plus de temps, serait de réafirmer les thématiques proposées en les consolidant à travers la perspective du “rapport physique”; “rapport intellectuel” etc. Le problème, c’est que pour l’heure la grande partie des tournages ne s’est pas faite avec ce cadre là (pour les raisons évoquées en tout premier).

UF; le 04.05.2008 UF