EQUIPE DE REALISATION

PHASE 3 – en vue des adaptations

Le projet de recherche a permis d’élaborer une méthodologie de tournage spécifique basée sur les points suivants:

penser fragmentaire: il ne s’agit pas de filmer dans le but de constituer une continuité narrative prédéterminée (comme n’importe quel film classique), mais de produire des “briques de base” (les plans) qui doivent pouvoir être combinables en fonction de l’analyse du parcours et des règles de montage. Il n’y donc ni scénarisation du contenu ni éditorialisation du territoire à une échelle qui dépasse la combinaison de deux plans.

penser liens: autant lors d’une prise de vue improvisée que lors d’un tournage organisé par avance, il s’agit d’analyser en temps réel les diverses «trames» qui se développent devant la caméra (thématique, action, protagonistes etc) afin de pouvoir lier chaque prise de vue à un autre plan voisin (existant ou à créer). A ce propos, il est important de considérer que chaque plan doit pouvoir se lier à un autre de multiples manières: il n’y a donc pas de lien unique ou exclusif, mais toujours une multiplicité de liens qui pourront être activés en fonction des choix du moteur de montage.

penser collectif: de la même manière qu’il s’agit de faire des liens entre les plan voisins, l’un des enjeux importants pour garantir un bon équilibre entre hétérogénéité (des regards) et continuité (narrative) sera de faire connaître à chaque réalisateur et réalisatrice faisant partie de l’équipe ce qui est tourné par les autres personnes. Cela devrait permettre deux choses importantes: éviter les redites (chaque personne développe sa propre approche singulière et unique) et préciser le liens entre ce qui a été tourné et ce qui devrait être créé.

penser obsession: plus le regard et l’attention sont ciblés, meilleure pourra être la caractérisation de chaque plan. Les combinaisons et liens entre plans fonctionneront mieux si chaque élément a une identité claire et directement lisible; s’il y a trop d’éléments et de possibles dans un plan, il est difficile d’y trouver un lien causal par rapport à ce qui précède et ce qui va suivre (dans le film final). Ce qui veut dire, par exemple, que les plans larges sont plus difficiles à intégrer que les plans serrés.

penser hétérogénéité: l’une des caractéristiques marquantes du projet est de partir avec le postulat qu’il faut avoir – dans le cadre d’un travail collaboratif – une constellation de points de vue à la subjectivité (originalité) marquée plutôt que de viser l’interchangeabilité. Le film résultant se base sur le pari de pouvoir passer d’une subjectivité à l’autre, d’un point de vue marqué à un autre.

penser qualité: vu que chaque prise de vue (ou de son) doit exister en tant que telle, il est important de ne pas perdre d’esprit lors du tournage qu’il y a très peu de rattrapages possibles par après (contrairement au montage classique où il est encore possible de gommer des imperfections) – ce qui veut dire qu’il faut vraiment partir dans l’esprit du “tourné-monté” en veillant tout autant à la qualité artistique du regard que la technique, qui doit être parfaite.

Nous allons nous tenir tant que possible à ce cadre de travail, tout en restant souples face à des situations imprévues ou en cherchant à développer d’autres pistes méthodologiques.

Il est important de mentionner ici qu’il faut une masse importante de plans pour garantir un résultat de qualité (on peut dire que la grande quantité de plans fera une bonne part la qualité des films résultants). Mais comme dans la ville (et la vie) réelle, il ne s’agira pas de chercher à couvrir le territoire de manière homogène coûte que coûte: il y aura des quartiers plus ou moins densément peuplés, des rues presque désertes et d’autres très remplies. Mais comme le visiteur en prend conscience en temps réel lors de son parcours via la représentation graphique du processus de montage en cours (cf l’interface graphique présentée en page 4), ce sera à lui de chercher le vide ou le plein en fonction de son humeur ou de ses intuitions.

Nous allons travailler sur une période de 5 à 6 mois en formant 4 à 5 petites équipes de tournages (caméra et son). Chaque équipe s’organise de manière flexible et individuelle, tout en cherchant à développer la complémentarité aux autres équipes de tournage (que ce soit au niveau de la répartition du territoire, des thématiques ou des moments de tournage). Des séances de visionnement collectives vont être organisées tout au long de cette période.
Il est envisageable (voire souhaitable) de garder quelques jours de tournage pour la période qui suit la présentation publique, afin de continuer à alimenter et faire évoluer notre base de données.

Au niveau technique, nous allons principalement tourner avec des caméras HD professionnelles (type HVX-200 de Panasonic), mais également faire des images avec d’autres appareils digitaux (caméras photographiques, smartphones) dans le but de créer des variations esthétiques et formelles marquées. Nous allons par contre nous tenir de manière stricte au format 16/9.

Concernant le travail avec le son, nous allons faire un effort particulier dans la création de fragments sonores de haute qualité. Il faut considérer que la première relation avec le film passe par le son qui doit donc être suffisamment explicite pour permettre d’imaginer le film tout en stimulant l’imaginaire à travers une richesse de plans sonores.

PHASE 2

La phase 2 a accueillit, depuis la rentrée 2008, un certain nombre de nouvelles collaborations. En quelques mots leur rôle dans le projet.

Florence Guillermin: Réalisatrice genevoise diplômée de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Genève.
Elle va travailler à un niveau général sur :
- le rapport intérieur / extérieur, c’est-à-dire la limite entre la rue et les amorces d’intérieur (vitrines, magasins, allées d’immeuble) – interroger le sentiment de vide que je ressens en me promenant à Renens.
- la notion d’espaces ouverts / fermés : les points de fuite que notre regard rencontre ou ne rencontre pas au cours d’une déambulation, points de fuite horizontaux (entre les rues) et verticaux (entre les immeubles)
- la présence du temps : passé- présent-futur qui se superposent dans un même espace (immeubles anciens, récents, chantiers) – travail sur les matières.
Voir comment ces thèmes, impressions liées à la forme de la ville, pourraient être abordés en interview avec des passants.
Filmer des lieux précis (quelques pistes) :
-    la piscine de Renens et le cimetière : lieux qui ne font pas partie du périmètre défini, mais qui seront replacés (recréés ailleurs) dans le centre de Renens, par analogie de forme ou de thèmes – en insérant ces lieux ailleurs, chercher à créer des percées, des arrêts, un temps particulier, qui n’est pas forcément celui de la déambulation. Interroger les personnes qui s’occupent de l’entretien de la piscine et du cimetière, les suivre dans ces lieux.
-    la gare : une journée d’images dans, et aux abords de, la gare (rythmes, passages, traversées)
-    lieux de travail actuels ou passé (intégrés dans la ville ou repoussés à ses limites) : la zinguerie, le gaz (la soucoupe volante en zone industrielle), la verrerie (récupération du verre) – filmer à deux : images + prise de son et interviews

Jeanne Macheret: Artiste (performance) diplômée de la Haute Ecole d’Art et de Design en juin 2008 et stagiaire à C-Side Productions. Collabore au dérushage et à la gestion des médias dans le CMS. S’efforce d’acquérir la plus grande et la meilleure mémoire possible des médias existants. Tente d’imaginer des liens et de les rendre efficients.

Les étudiant-es du Master Cinéma, réseau cinéma HES-SO: Les étudiant-es en master cinéma ont  suivis un atelier réalisation au mois de octobre/novembre 2008, dont le sujet était Renens. Dix films, principalement documentaire, sont sortis de cet exercice, et le matériel tourné dans son ensemble pourrait être utilisé pour la base de médias du projet. Il reste encore à visionner ces films et selon les sujets abordés et la qualité du matériel ils peuvent s’inscrire dans WE.En ce qui concerne les personnes déjà engagés sur le projet, voici quelques précisions sur les intentions de chacun.

Ulrich Fischer: va travailler principalement avec la caméra HD + trépied, mais également faire quelques séries de photographies. UF vise entre 1 et 2 jours de tournage par mois, donc la création d’environ 70 à 100 médias par mois.
- suivre (à pied avec trépied) des “travailleurs de l’espace urbain”: voirie, chantiers routiers, camion ordure (comment on traite les restes) etc. Chemin faisant, nouer des contacts avec eux et amorcer des discussions (pas que des plans d’observation donc);
- entrer en discussion avec les riverains du futur chantier de la place du marché (spontanément, chercher également des personnalités qui peuvent raconter et surtout faire visiter ce périmètre). Essayer de revenir périodiquement pour garder une trace de l’évolution des changements;
- contacter + filmer le garagistes qui préparent les voitures “tunées” des habitants de la région; par ce biais entrer en contact avec certaines communautés. Je me suis toujours posé des questions sur qui sont ces gens qui passent leur vie dans et à travers leur voiture, je vais donc peut-être enfin en savoir plus (mais sans doute toujours pas comprendre).
- continuer les prises de vues (contemplativo-analytiques) par tranche de quartier, aller fouiller du côté des villas et zones résidentielles sans histoire(s) -> vérifier s’il n’y a pas quand même une légende périurbaine ???

Nicolas Wagnières: L’idée d’un double rapport entre un regard de l’intérieur, suivi d’acteurs locaux dans leur environnements professionnels, et le regard extérieur de “spécialistes”, architecte de la commune (SDOL), sociologue. Une autre piste est celle d’interviews réalisés de manière plus classique, peut-être que le son primera sur ce type d’enregistrements, avec des personnes d’un certain âge ayant une longue expérience de vie à Renens. Il s’agit de capter une parole qui raconte l’espace, les changements, des histoires vécues, il en faudrait un certain nombre. A voir éventuellement de quelle manière contextualiser ces paroles afin de se dégager du “potentiel ennui” que pourrait provoquer l’image de ces interviews. Enfin, sous la forme d’une série, ayant pour motif l’identique différent, faire le tour des multiples associations culturelles à Renens, sous forme de listing.

PHASE 1 (archive)

Thomas Isler: prises de vues avec caméra DV ou HDV (style PD-150 ou Z1); caméra super-8 avec fonction image par image avec peliculle NB.TI se concentre principalement sur le territoire de la gare de triage, de faire des prises de vues en relation avec les passages de train, des personnes qui y travaillent, des voyageurs qui la traversent. Il va également se concentrer sur les travailleurs CFF, portraits de cheminots.- vidéo / Super-8: portraits de cheminots, de voyageurs; portrait de cette gare ?- en vidéo: mouvements à travers l’espace embarqué sur une construction qui permette en cassure des échelles (premier plan de l’embarcation – une miniature – et deuxième plan l’espace réel); portraits- en super-8: caméra sur trépied et programmée pour filmer des images toutes les X secondes (accélération du temps)

Gwenola Wagon: prises de vues avec une caméra DV.GW va travailler sur deux axes:- sphère intime / intérieur des habitations de Renens. Tournages de nuit, ambiances (sonores, visuelles) de l’intérieur des maisons / villas / immeubles. Rencontres avec des habitants, en collaboration avec SD- travellings urbains, de jour / de nuit, en collaboration avec UF

Stéphane Degoutin: accompagnant Gwenola Wagon, prise de son, ITW avec habitants; prises de notes; photographies ?SD se concentre sur les rencontres avec les habitants, portraits des habitants et des appartements / logements depuis l’intérieur.

Pascal Amphoux: prise de sons (repérages avec un petit système son stéréo / canon); photographies (repérages et situations, prises de notes).

Nicolas Wagnières: Tournage en dv, caméra sony PD150, son direct et interview son seul.Recherche de “motifs visuels“ qui expriment le rapport du lieu avec l’extérieur du périmètre (ex: grossiste, théâtre,… ) Expression visuel du va et vient des gens.Tournage avec steadycam pour affirmer le va et vient incessant.Rencontres et interviews (son seul) avec des acteurs locaux: commerçant, acteurs sociaux. Ils raconteront comment ils sont arrivés à Renens.Objectivisation du territoire, en effectuant des interviews avec :Fernand Bernasconi, urbaniste conseil à la commune de Renens. Jean-Pierre Fragnières, sociologue.Par la suite , travaille de capture et de catalogage.

Ulrich Fischer: travaille principalement avec la HVX200 (images au format 720p25); prioritairement des images prises sur pied. Prise de son conjointe avec un bon micro.
UF travaillera principalement sur la thématique 4: ordinaire – quotidien / échappée (imaginaire) / légendes périurbaines.Plusieurs pistes à explorer:
- travailler avec très longue focale, profondeur de champs la plus petite possible -> sortir un ou deux éléments marquants du contexte, qui s’estompe mais reste présent;
- travail sur base de réflexions (surfaces réfléchissantes) -> également abstraction et en même temps “encapsulation” des volumes les uns dans les autres (avec des voyages à travers l’espace, grâce à la netteté…)
- interviews / rencontres d’habitants, d’utilisateurs de l’espace – en collaboration avec TI, portraits d’utilisateurs de la zone de la gare (cheminots, voyageurs etc);
- travellings réalisés depuis un véhicule, en collaboration avec GW
Egalement travail de prise de note photographique: garder des compositions spatiales; des éléments insolites; des textures; des formes ou éléments répétitifs (garages – barrières – etc).

MIS A JOUR LE 10.04.2008 Quelques pistes de réflexion (écrit à haute voix – garde note):L’une des caractéristiques marquantes du projet est de partir avec le postulat qu’il faut avoir – dans le cadre d’un travail collaboratif – une constellation de points de vue à la subjectivité (originalité) marquée plutôt que de viser l’interchangeabilité.
Le film résultant se base sur le pari de pouvoir passer d’une subjectivité à l’autre, d’un point de vue marqué à un autre. Chaque subjectivité est un épisode, un morceau plus ou moins fragmentaire dans cette totalité. La réalité (dans le film) se donne à voir comme un prisme dont toutes les visions / versions sont synchronisées sur base d’un parcours particulier et unique.

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