Archive for the ‘Pistes de réflexion’ Category

DISCUSSION AU CARNOTZET

Friday, June 20th, 2008

Imaginaire collectif.

Nous avons organisé une table ronde le 26 mai à entre 18.00 et 21.00 à Renens, au carnotzet municipal, dans lequel nous avons reçu un chaleureux accueil de la part de la commune.

L’idée de cette rencontre est de faire émerger dans une discussion “ouverte“, les divers éléments, lieux, personnages, thématiques, récurrence, qui apparaissent de part et d’autre, de même que de sentir celles qui focalise de manière plus profonde l’intérêt de chacun-ne.
Ont donc participés à cette rencontre :
Mr. Jacques Berthoud, président du conseil communal de Renens
Mr. Jean Oth, artiste
Mme Armande Reymond, journaliste
Mr. Jean-Claude Marendaz,municipal retraité
Ainsi que Pascal Amphoux, Jean-François Blanc, Ulrich Fischer et Nicolas Wagnières. Pascal Amphoux a été le modérateur de la discussion, qui a été enregistrée, et dont voici un résumé.

Thèmes traversants, mots spécifiques :

-Contraste entre le local et global. La fragmentation du territoire en de multiples communes, dont les limites sont difficilement perceptibles. La multi-ethnicité et la richesse des diverses cultures coexistantes. Tradition d’un territoire coupé du monde (marais, industries, “bronx“,), et développé autour d’une gare importante. Tension entre l’enracinement du lieu et quelque chose de beaucoup plus général, (Hautes écoles, Industries, recherche,..) quelque chose d’enraciné tourné vers l’extérieur.

-Migration des industries, passage temporaire (lent), on s’arrête trente ans et on passe à autre chose, industries, artistes, intellectuelles, commerces.

-Cycle, quelque chose de traversant. Il y’avait le tram, on l’a supprimé et va le remettre. Il y’avait une passerelle, on l’a supprimée et on va la remettre. On est dans le monde de la gare, du train , de la roue, de quelque chose qui tourne. La gare de Renens a été l’une des plus importantes gare de Suisse, elle est appelée à le redevenir.

Circulation et rupture. La communication est-ouest est très fluide, on se repère facilement, celle nord/sud est beaucoup plus chaotique et complexe, on se perd si on ne connaît pas. La ligne de chemin de fer est symbole de lien en même temps qu’elle est comme une césure entre le haut et le bas, le nord et le sud.

Industries et travail. Nombre d’industries se sont développées sur ce territoire, le chemin de fer développant le transport des matières premières et des matériaux de construction. La main-d’oeuvre immigrée et le développement socio-urbain y est fortement lié.
A propos du développement de l’ouest lausannois est apparu d’une manière assez “passionnée“ dans la discussion la médiatisation et l’intérêt “tendance“ qui a pu lui être donné, de même que l’évolution (volontairement réduite) liée aux espaces “industriels“ urbains : industries – friches - artistes et marginaux – récupération et intérêts commerciaux.

Lieux et personnages :

-La gare (par son histoire et sa symbolique) est un des lieux les plus emblématique de Renens, non pas comme gare, mais comme gare de Renens.
-Le silo (construit par l’architecte Jean Tschumi, père de Bernard Tschumi l’architecte de l’ECAL) a très rapidement focalisé le regard sur l’espace avec une force émotionelle.
-Le château de Renens, le parc des Béliers, la nouvelle poterie, la place du marché, la librairie globe livre, l’ancienne chocolaterie Perrier, les quartiers du Simplon et de la Briquetterie, le stade de football du Censuy, la piscine public, l’ancien cinéma Lumen, la ferme Schweizer, le parc de Verdeau, la société IRIL, la société BOBST, le théâtre Kleber-Mélau, la fédération internationale de tennis de table, la ferme du Tilleul, le cimetière, le restaurant chez Rochat,…

Sur la piste des personnalités, nous avons retenu: Les anciens propriétaires du château de Renens, Klaus Sauter, la famille Garcia (musiciens), Gilbert Bovay (ancien syndic, passage des années 1950 à 2000), Samuel Henry Benjamin Doxa, Girardet, Philippe Mentha, Mr. De Poisier, Fredy le perroquet, Philippe Gloor, conseiller d’état, Marianne Huguenin, syndic, Anne Marie de Poisier, ancienne syndic, la famille Nussbaum (IRIL), la “tête de nègre“, Mr. Golaz, fleuriste, Chrisophe Burkard, et Ruth Burkard, (château de Renens. Son grand oncle a était un pionnier de la robotique). Celestini, footballer professionnel à Retafe, Paul Martin maraîchers, le fromager du marché.

Enfin, une illustration symbolique qui traverse d’une certaine manière l’ensemble des thèmes abordés ainsi que l’idée de personnalité et de lieu, est celle du cimetière de Renens, (Pascal Amphoux a évoqué une migration des morts) une première fois déplacé puis construit sur le site de la piscine, duquel il fut définitivement supprimé à la construction de cette dernière, des ossements ayant été retrouvé lors des travaux de terrassements.

Certains moments de la discussion pourront être intégrés à la base de données, afin de voir de quelle manière s’articulent ce “type de document“: On passe en effet de moments ou les gens expriment un point de vue, une idée, un sentiment sur lieu, à des moments de témoignages, de récits d’histoires entendues ou vécues, enfin sont apparus également des récits de type historique :“Voilà comment ce qui s’est passé…“. Cette discussion va nous servir également de pistes, pour continuer et préciser notre approche du territoire de l’ouest lausannois. Certaines pistes étant à creuser, certaines personnes à retrouver, à interviewer, certains lieux à visiter,… en tentant par cet imaginaire de pénétrer la conscience du lieu sous la forme de films

L’état de nos nuages - ciel changeant avant l’été

Tuesday, May 27th, 2008

Un des points qui revient sans cesse, parce que nous n’avons pas encore trouvés de solution élégante et satisfaisante, est celui de la représentation de la base de données médias sur la carte du territoire - autrement dit: quelles informations (ou métadonnées) “remontent” à la surface en devenant une cible ou un point d’intérêt que le visiteur peut chercher.
C’est un élément important dans le sens que le visiteur doit pouvoir très rapidement et intuitivement sentir de quoi peut être fait le film qu’il va marcher tout en choisissant lui même dans quelle(s) direction(s) il a envie de le mener.

On peut prendre l’image d’un iceberg dont on ne voit qu’une petite partie de la masse - de la même manière, la plus grande partie des caractéristiques que nous aurons assignées à chaque médias demeurera invisible; mais par contre, on devrait pouvoir sentir leur présence à travers la manière dont le haut dépasse et flotte.

Une autre image que nous avons beaucoup employée est celle du nuage: une forme molle qui se laisse traverser, immatérielle et matérielle en même temps - finalement assez représentative de ce monde virtuel (les médias) que nous voulons implanter dans l’espace urbain…

Pour le moment, nous avions comme piste principale pour cette question de représentation les thèmes, c’est à dire de permettre une concentration du potentiel narratif à travers un thème “majeur” déterminé dans chaque média.
Mais nous nous sommes butés à la difficulté de trouver des thématiques suffisamment abstraites pour fonctionner sur n’importe quelle portion de territoire, tout en étant suffisamment concrètes pour se visualiser clairement dans chaque média, tout en n’oubliant pas qu’ils doivent également - à travers leur dénomination - susciter une envie de s’y plonger.

- NOUVELLES PISTES -

En discutant l’autre jour avec Pascal Amphoux et Nicolas Wagnières, nous avons retourné la question en invoquant les possibles suivants:

- ne plus considérer des nuages différents qui se côtoient / se superposent (comme des ensembles différenciables avec des couleurs variées), mais comme des strates de nuages qui se trouvent à des altitudes différentes (et qui sont donc de natures différentes). Pour continuer avec des images, c’est un peu comme depuis un avion: on peut voir plusieurs couches de nuages, les unes masquant les autres et parfois laissant passer ce qui est notre base, la terre. Cette image est empruntée à Johan Van der Keuken (citation pas encore trouvée) qui compare la vision que l’on peut avoir d’un montage d’un film à un voyage en avion…

- cette nouvelle manière de voir implique donc l’arrivée d’une “nouvelle dimension”: l’axe du Z… ou la profondeur de l’espace. Se pose maintenant la question de comment on navigue dans cette profondeur: soit on passe d’une couche à une autre (en activant / désactivant les couches qui se superposent), soit à travers un réel mouvement qui les traverse (un zoom). Cette dernière solution est assez vertigineuse (c’est le cas de le dire) et demande une représentation différenciée des couches pour que l’on puisse sentir les natures différentes des nuages qui masquent plus ou moins partiellement notre territoire (le réel).

- cette tendance à superposer et non plus à juxtaposer vient également d’une analyse que l’on retrouve de différentes manières chez quelques théoriciens (dont Deleuze déjà cité ici auparavant). Pascal Amphoux propose la lecture suivante concernant 3 type de postures que l’on peut prendre face au réel:

  1. analytique: observation / passif -> dehors
  2. engagé: vie / interaction -> dedans
  3. poétique: esthétique / paysage -> dedans et dehors

Cette manière de voir les choses implique qu’il n’y a pas d’exclusion d’une posture par rapport à une autre: elles co-existent toutes en même temps mais les rapports entre elles fluctuent - et c’est justement les pondération et variations qui nous intéressent ici.
Ce que nous voulons tenter maintenant est la chose suivante: affecter une posture à chaque média tout en lui indiquant une valeur (entre 0 à 100). Ce qui n’est pas encore très clair est la combinaison ou l’exclusion de postures (si par exemple un média peut être à 40% analytique et à 60% poétique… ?).
Nous avons par contre déterminé la manière dont pourront être visualisées ces nuages (on a piqué cette séparation quelque part - c’est très classique):
-> 1 analytique en bleu
-> 2 engagé en rouge (tiens donc)
-> 3 poétique en vert

- utiliser les titres de chaque média (on parle parfois de brique, mais c’est pas très digeste) comme “atome” et la constellation de titres comme des “cellules” (ou carrément des organismes ?!?): plus on est loin et plus les titres se superposent; on peut donc voir par la densité de noir les endroit qui rassemblent le plus de titres. En zoomant en avant sur la carte, la lisibilité augmente et on arrive à différencier les titres les uns des autres.
Autrement dit: un nuage, c’est une nuée de mots.

Mis à jour le 03.06.2008 UF

Tournages fin avril - digest

Sunday, May 4th, 2008

Avant d’entrer dans les détails de ces tournages, voici quelques éléments concrets:
- nous avons tourné environ 6 heures d’images, ce qui correspond à environ 400 clips (start / stop caméra). Nous avons tourné avec des caméras très diverses, de l’appareil photo à la Z1 (HDV) en passant par une PD-150 (DV en standard définition) et une HVX-200 (DVCPRO HD);
- nous avons fait des prises de vues très variées également: interviews spontanés, discussions avec des habitants (surtout des enfants), plans photographiques cadre fixe (via trépied), prises de notes vocales en tournant en marchant, plans “matière” (réflexions et superpositions) etc;
- en plus de ces prises de vues, Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin ont effectué des prises de son et Daniel Sciboz a fait des tests GPS qui seront publiés et comparés ultérieurement.

Le but est de mettre en ligne quelques exemples (bruts et prémontés) prochainement sur le blog, idéalement liés à une carte.

Nous allons maintenant attaquer le choix des médias (in/out dans les clips choisis) ainsi que leur catalogage (ajout des métadonnées), ce qui va prendre dans les 2 à 3 semaines. D’ici fin mai nous pourrons donc placer les premiers médias sur la carte et faire quelques simulations (non automatisées) - prémontages de quelques médias afin de donner des intentions et de tester quelques combinaisons.

Maintenant, quelques considérations post tournage:

  • nous avons tourné en focalisant notre attention sur le fait de trouver le “bon” rapport au territoire, en cherchant à travers quelques improvisations des points de repère et éléments marquants. Le but était que chaque personne impliquée puisse trouver un rapport juste entre sa subjectivité (intérêts de fond et de forme, fonctionnement personnel) et la multitude de pistes qui se dégagent au quotidien… Comme le projet est complexe à appréhender, nous avons décidé de nous immerger dans ce premier temps dans l’espace choisi en évitant de forcer le trait (de plaquer une idée sur le réel) mais en étant un maximum ouvert et curieux. Et, Renens nous a très bien accueillis en nous offrant quelques belles rencontres.
  • il ressort du premier visionnement des rushes qu’il y a déjà quelques combinaisons intéressantes “dans l’air”, qui semblent pouvoir fonctionner formellement ou de média en média; il reste toujours la question des combinaisons narratives sur l’ensemble du film qui demeurent pour le moment trop lointaines (on va y arriver plutôt dans la phase 2) pour que l’on puisse tirer des conclusions et élaborer des concepts définitifs. (Pistes: voix off, cartons inter-titres / texte, chaîne narrative indexée dans les métadonnées etc)
  • nous devons absolument mettre de l’ordre dans l’intitulé et la dénomination des concepts; pour le moment le gros point à résoudre est lié à ces nuages, aux thèmes (on s’est dit de ne plus les appeler thèmes, mais on a pour le moment pas trouvé mieux).
  • dans le cadre de cette discussion sur les thèmes, on a abordé encore deux points importants: d’une part le contenu de ces thémes et d’autre part la logique qui sous tend à leur dénomination / définition et leur contenu.
    En somme, si l’on veut être pragmatique, on devrait pour le moment fonder la logique des thèmes sur les obsessions des divers participants: c’est chaque réalisateur qui défini son thème principal (il ne devrait pas en avoir plus que 5), ce qui tend à dire que chaque réalisateur aura “son” nuage.
    L’autre alternative, plus compliquée à mettre en oeuvre car nécessitant plus de temps, serait de réafirmer les thématiques proposées en les consolidant à travers la perspective du “rapport physique”; “rapport intellectuel” etc. Le problème, c’est que pour l’heure la grande partie des tournages ne s’est pas faite avec ce cadre là (pour les raisons évoquées en tout premier).

UF; le 04.05.2008 UF

Quelques liens pour rebondir

Monday, April 7th, 2008

Avant de redonner quelques nouvelles après la prochaine réunion qui va rassembler presque toute l’équipe, ce mercredi 9 avril à l’ECAL, voici quelques liens d’articles intéressants (en vrac):

http://www.internetactu.net/2008/03/25/la-rue-comme-plateforme/

Un blog City of Sound avec un article récent qui sert de base à la publication ci dessus.

Un autre blog, je pense connu de la plupart d’entre vous: http://www.experientia.com/blog/

Lors du festival vision du réel à Nyon, le 20 avril, je rencontre Adnan Hadzi, qui travaille actuellement sur un projet de recherche à Londres - le sujet est très proche, une partie de la méthode également. Voici en vrac quelques liens qu’il m’a transmis:

BITNIC un collectif artistique en suisse

Hivenetworks projet open source

download-finished montage online P2P

Deptfordtv un projet audio visuel à Deptford

Et en lisant le blog de Nicolas Nova, voici une version online (malheureusement trop flash - donc limitée) du livre “Paris ville invisible” de Bruno Latour et Emilie Hermant (1998) - un projet sur les réseaux cachés sous Paris. A voir ?!?

UF

Remarques d’un marmiton sur les pistes thématiques…

Thursday, February 7th, 2008

Une liste de thématiques qui condensent / traduisent les enjeux développés de par ailleurs (link à faire) : justement, quels sont ces enjeux ? sont-ils en relation avec cet espace particulier ou plus génériques ? qui les formule ? selon quelle orientation ? dans quelle visée ?
Mon sentiment : si je considère la liste actuelle des pistes thématiques, j’ai l’impression que l’orientation prise pour définir ces pistes relève d’une lecture résolument subjective / sensible / poétique de cet espace urbain. Ce qui me paraît parfaitement justifié et évite tout malentendu. Non ? Entrons dans le détail :

1 mouvement / arrêt / immersion
… Partir à la chasse des choses enfouies, « carottage » visuel (horizontal et vertical) de l’espace urbain

Choses enfouies ou cachées (par exemple cachées à la vue, mais audibles ; ou alors visibles mais inaudibles, quasiment « muettes ») > jouer avec les relations son-image >> carottage visuel et/ou sonore >>> un « maître » sur ces questions : Michel Chion !

2 public / privé / intime
… Espace (objectif) public / espace (émotionnel) intime ; la mémoire collective / la mémoire individuelle

Petite expérience personnelle : un jour en Syrie un homme, rencontre de passage, me présente sa femme tout en m’interdisant dans la voiture que je conduisais, lui à l’avant, elle à l’arrière, de regarder dans le rétroviseur. Finalement il le tord pour que j’échappe à toute tentation. Qu’est-ce qui fait la limite entre le public, le privé et l’intime ? une limite elle-même subjective et qui diffère selon les personnes et les cultures. Partir à la chasse et explorer (capter) quelques-unes de ces limites, relatives, personnelles, partagées, tolérées, ignorées, bafouées… Qu’est-ce que les locataires de la maison aux nains (vue l’autre vendredi matin) pensent de cette « exposition publique »?
dsc00009.JPG

3 (dés)orientation / (dé)localisation / perte
… fascination / répulsion ; choses visibles / invisibles ; les couches d’histoires qui se mélangent / s’imbriquent ; la simultanéité / l’exclusivité des évènements ; l’ici et l’ailleurs (l’envie d’être dans une autre ville, complémentarité / concurrence des villes)

Ne faut-il pas pour éviter toute confusion limiter cette piste (ce qui est déjà énorme) à notre rapport proprement spatial à l’espace urbain ? Ce que l’on appelle communément notre « sens de l’orientation » ? Notre manière de nous repérer, nous diriger ou nous perdre ? Notre signalétique toute personnelle ? Ici on peut imaginer des séquences de réalisateurs différents qui « rendent compte » de parcours identiques … Histoires de signes.

4 ordinaire - quotidien / échappée (imaginaire) / légendes périurbaines
… se laisser surprendre par le réel, immersion / contemplation – tout en cherchant en quoi les outils utilisés permettent de saisir, garder et transformer ce qui se déroule sous nos yeux quotidiennement.
Là aussi ne faut-il pas choisir un axe mieux marqué et plus limité , du moins au départ, tels que : réel-imaginaire ? Comment en parcourant cet espace se manifeste l’imaginaire et comment représenter cet imaginaire ? L’imaginaire pouvant avoir bien entendu toutes sortes de relations visuelles et sonores différentes avec le réel : décalage son/image à nouveau, collages, montage (le bon vieux effet Koulechov), incrustations, morphismes et autres traitement de l’image, etc.

5 construction / friche / planification, contrôle (programme)
… Comment vit-on aujourd’hui dans les villes occidentales (cf. la question initiale de Marker dans le film « Le joli mai ») ?
Quels sont les enjeux : cachés / visibles ?

Actuellement la a question me paraît très (trop) générale. Surtout pour plusieurs réalisateurs (et non pas un seul comme Marker). Privilégier un axe (une piste) distinct des autres : ici l’espace construit / déconstruit / planifié / aléatoire / contrôlé / hors contrôle…

Note finale: en faisant ces remarques je suis conscient que ces pistes ont été formulées de manière forcément élargie et provisoire. J’exprime juste un point de vue: faire de ces idées de pistes des axes, forcément arbitraires, mais plus simples (sous forme de dialectiques). Ceci ne devrait pas empêcher l’existence des nuages… à suivre !

JFB

Proposition de recette pour le projet

Wednesday, February 6th, 2008

Lors de mes tentatives d’élaboration d’un texte de présentation plus compréhensible que les textes dans le dossier du projet, j’ai imaginé faire une sorte de recette (comment cuisiner le projet): ingrédients nécessaires, manière de les préparer, temps de préparation, manière de servir le projet (de le rendre appétissant)…

En voici une première ébauche (non terminée):

Ingrédients

- Prenons un espace urbain délimité, de préférence un espace aux qualités sociales, architecturales et urbanistiques variées et contrastées, d’une taille d’environ 2Km carré (Carte Renens provisoire) ;
- Elaborons une liste de thématiques qui condensent / traduisent les enjeux ;
- Mettons sur pied une équipe de réalisation en spécifiant pour chaque personne la “mission” (espace de tournage, manière, forme, outils, style etc) ;
- Produire des séquences audio-visuelles dans cet espace urbain en cherchant à développer les thématiques autant dans le contenu que dans la forme (photographies - séquences films ou vidéo - sons - prises de notes sous forme de voix off etc) ;
- Ajoutons ces médias (ainsi que d’autres séquences audiovisuelles déjà existantes en provenance d’autres villes) à la base de données audiovisuelle en leur donnant une adresse géographique précise (localisation sur l’espace urbain délimité) ainsi que des métadonnées (catégories - qualifications subjectives et objectives des médias) ;
- Construisons un « outil de navigation » : module embarqué qui affiche autant la carte de la ville que la représentation des thématiques en offrant le positionnement actuel grâce à un module GPS intégré ; il permet également d’écouter en cours de chemin les sons qui sont liés avec les espaces traversés (et qui ainsi donnent une idée de ce que le film peut proposer).

… (en cours!)

Préparation

Afin de faire fonctionner tout le système d’une manière automatisée, il faut encore mettre en place les éléments suivants :
- Solutions logicielles pour constituer la base de données ; pour analyser le tracé GPS puis convertir cette analyse en plan de montage
- Solution logicielle / matérielle afin de mettre en ligne les médias choisis par le système d’analyse
- Site web : l’espace de présentation des films « marchés »

Partie réalisation

- Mettons en place un lieu de départ, dans lequel les visiteurs peuvent voir des films déjà réalisés, se documenter sur le projet et surtout venir chercher l’outil de navigation qui va les accompagner durant leur parcours ;
- … (en cours!)

Partie dégustation

- Concevons un site internet … (en cours!)

Territoire réel et sa représentation (visuelle, cartographique)

Saturday, February 2nd, 2008

En lisant le mémoire de recherche de Daniel Sciboz, je tombe sur une citation:

«Les photographies et les cartes ne se superposent plus, (…) les représentations communes (et notamment médiatiques) ne correspondent plus à l’expérience vécue. Si les immenses distances qui séparaient jadis les continents se sont rétrécies, un gouffre peut se creuser entre deux quartiers ou deux étages d’immeuble; les moyens de communication permettent une instantanéité absolue, mais il faudra des années pour connaître le visage de son voisin. Dans ce monde déterritorialisé et entièrement remodelé par la technique, la géographie n’est plus seulement l’affaire de la science “dure”, mais aussi celle des artistes, qui l’approchent dans une perspective tout aussi poétique que critique.»

Nicolas Bourriaud, «Topocritique», catalogue GNS, p. 9.

J’aime bien l’image des continents et des étages d’un même immeuble - à ce propos, il y a l’excellent film “The Hole” de Tsai Ming Lian qui passe à Black Movie à Genève…

Encore un autre extrait de ce même mémoire:

Le livre de la mémoire, un texte contemporain, de l’écrivain américain Paul Auster illustre bien la production d’images mentales qui peuvent accompagner une rêverie pédestre: «On est parfois saisis par l’impression d’être en train d’errer sans but dans une ville. (…) Et on a la sensation, à déambuler ainsi dans la ville, de n’aller nulle part, de ne chercher qu’à passer le temps, et que seule la fatigue dictera où et quand s’arrêter. Mais de même qu’un pas entraîne immanquablement le pas suivant, une pensée est la conséquence inévitable de la précédente et dans le cas où une pensée en engendrerait plus d’une autre (disons deux ou trois, équivalentes quand à toutes leurs implications), il sera non seulement nécessaire de suivre la première jusqu’à sa conclusion mais aussi de revenir sur ses pas jusqu’à son point d’origine, de manière à reprendre la deuxième de bout en bout, puis la troisième, et ainsi de suite, et si on devait essayer de se figurer mentalement l’image de ce processus on verrait apparaître un réseau de sentiers, telle la représentation de l’appareil circulatoire humain (cœur, artères, veines, capillaires), ou telle une carte (le plan des rues d’une ville, un grande ville de préférence, ou même une carte routière, comme celles des stations-service, où les routes s’allongent, se croisent et tracent des méandres à travers un continent entier), de sorte qu’en réalité, ce qu’on fait quand on marche dans une ville, c’est penser, et on pense de telle façon que nos réflexions composent un parcours, qui n’est ni plus ni moins que les pas accomplis, si bien qu’à la fin on pourrait sans risque affirmer avoir voyagé et, même si l’on ne quitte pas sa chambre, il s’agit bien d’un voyage. On pourrait sans risque affirmer avoir été quelque part, même si on ne sais pas où.»

Paul Auster, L’invention de la solitude, p. 126. Traduction de Christine Le Bœuf. 

UF

Création collective - texte critique

Thursday, January 31st, 2008

Concernant les concepts “contradictoires” de création collective / subjectivité individuelle, voici un texte intéressant… c’est sur un site qui est d’ailleurs truffé d’informations et de textes critiques mettant en perspective les toutes dernières “avancées” technologiques.

UF