Archive for the ‘Repérages’ Category

DISCUSSION AU CARNOTZET

Friday, June 20th, 2008

Imaginaire collectif.

Nous avons organisé une table ronde le 26 mai à entre 18.00 et 21.00 à Renens, au carnotzet municipal, dans lequel nous avons reçu un chaleureux accueil de la part de la commune.

L’idée de cette rencontre est de faire émerger dans une discussion “ouverte“, les divers éléments, lieux, personnages, thématiques, récurrence, qui apparaissent de part et d’autre, de même que de sentir celles qui focalise de manière plus profonde l’intérêt de chacun-ne.
Ont donc participés à cette rencontre :
Mr. Jacques Berthoud, président du conseil communal de Renens
Mr. Jean Oth, artiste
Mme Armande Reymond, journaliste
Mr. Jean-Claude Marendaz,municipal retraité
Ainsi que Pascal Amphoux, Jean-François Blanc, Ulrich Fischer et Nicolas Wagnières. Pascal Amphoux a été le modérateur de la discussion, qui a été enregistrée, et dont voici un résumé.

Thèmes traversants, mots spécifiques :

-Contraste entre le local et global. La fragmentation du territoire en de multiples communes, dont les limites sont difficilement perceptibles. La multi-ethnicité et la richesse des diverses cultures coexistantes. Tradition d’un territoire coupé du monde (marais, industries, “bronx“,), et développé autour d’une gare importante. Tension entre l’enracinement du lieu et quelque chose de beaucoup plus général, (Hautes écoles, Industries, recherche,..) quelque chose d’enraciné tourné vers l’extérieur.

-Migration des industries, passage temporaire (lent), on s’arrête trente ans et on passe à autre chose, industries, artistes, intellectuelles, commerces.

-Cycle, quelque chose de traversant. Il y’avait le tram, on l’a supprimé et va le remettre. Il y’avait une passerelle, on l’a supprimée et on va la remettre. On est dans le monde de la gare, du train , de la roue, de quelque chose qui tourne. La gare de Renens a été l’une des plus importantes gare de Suisse, elle est appelée à le redevenir.

Circulation et rupture. La communication est-ouest est très fluide, on se repère facilement, celle nord/sud est beaucoup plus chaotique et complexe, on se perd si on ne connaît pas. La ligne de chemin de fer est symbole de lien en même temps qu’elle est comme une césure entre le haut et le bas, le nord et le sud.

Industries et travail. Nombre d’industries se sont développées sur ce territoire, le chemin de fer développant le transport des matières premières et des matériaux de construction. La main-d’oeuvre immigrée et le développement socio-urbain y est fortement lié.
A propos du développement de l’ouest lausannois est apparu d’une manière assez “passionnée“ dans la discussion la médiatisation et l’intérêt “tendance“ qui a pu lui être donné, de même que l’évolution (volontairement réduite) liée aux espaces “industriels“ urbains : industries – friches - artistes et marginaux – récupération et intérêts commerciaux.

Lieux et personnages :

-La gare (par son histoire et sa symbolique) est un des lieux les plus emblématique de Renens, non pas comme gare, mais comme gare de Renens.
-Le silo (construit par l’architecte Jean Tschumi, père de Bernard Tschumi l’architecte de l’ECAL) a très rapidement focalisé le regard sur l’espace avec une force émotionelle.
-Le château de Renens, le parc des Béliers, la nouvelle poterie, la place du marché, la librairie globe livre, l’ancienne chocolaterie Perrier, les quartiers du Simplon et de la Briquetterie, le stade de football du Censuy, la piscine public, l’ancien cinéma Lumen, la ferme Schweizer, le parc de Verdeau, la société IRIL, la société BOBST, le théâtre Kleber-Mélau, la fédération internationale de tennis de table, la ferme du Tilleul, le cimetière, le restaurant chez Rochat,…

Sur la piste des personnalités, nous avons retenu: Les anciens propriétaires du château de Renens, Klaus Sauter, la famille Garcia (musiciens), Gilbert Bovay (ancien syndic, passage des années 1950 à 2000), Samuel Henry Benjamin Doxa, Girardet, Philippe Mentha, Mr. De Poisier, Fredy le perroquet, Philippe Gloor, conseiller d’état, Marianne Huguenin, syndic, Anne Marie de Poisier, ancienne syndic, la famille Nussbaum (IRIL), la “tête de nègre“, Mr. Golaz, fleuriste, Chrisophe Burkard, et Ruth Burkard, (château de Renens. Son grand oncle a était un pionnier de la robotique). Celestini, footballer professionnel à Retafe, Paul Martin maraîchers, le fromager du marché.

Enfin, une illustration symbolique qui traverse d’une certaine manière l’ensemble des thèmes abordés ainsi que l’idée de personnalité et de lieu, est celle du cimetière de Renens, (Pascal Amphoux a évoqué une migration des morts) une première fois déplacé puis construit sur le site de la piscine, duquel il fut définitivement supprimé à la construction de cette dernière, des ossements ayant été retrouvé lors des travaux de terrassements.

Certains moments de la discussion pourront être intégrés à la base de données, afin de voir de quelle manière s’articulent ce “type de document“: On passe en effet de moments ou les gens expriment un point de vue, une idée, un sentiment sur lieu, à des moments de témoignages, de récits d’histoires entendues ou vécues, enfin sont apparus également des récits de type historique :“Voilà comment ce qui s’est passé…“. Cette discussion va nous servir également de pistes, pour continuer et préciser notre approche du territoire de l’ouest lausannois. Certaines pistes étant à creuser, certaines personnes à retrouver, à interviewer, certains lieux à visiter,… en tentant par cet imaginaire de pénétrer la conscience du lieu sous la forme de films

LES IMAGES DES REPERAGES

Tuesday, February 12th, 2008

Après avoir passé un moment à trouver une bonne méthode pour catégoriser les images, nous (Paulo Alcântara, Vittoria Pollato, Ulrich Fischer) avons en premier lieu choisi 289 images parmis les 1300 prises sur les 3 jours de repérages. C’est sur cette base là que nous avons fait les premiers tests d’ajouts de métadonnées

Méthode choisie:

  1. Nomination uniforme des fichiers, par lot (jour-mois-année + photographe + reperages + numérotation-incrémentale)
  2. Détermination de l’intérêt de la photo dans le cadre du projet (garder la photo = 2 étoiles).
  3. Catégorisation par couleurs
  4. Catégorisation par style, type, thème

Cette méthode permet de rapidement classer les photos selon un critère particulier: des images qui ne font pas réellement “sens” toutes seules prennent une autre valeur lorsqu’elles apparaîssent à côté d’images de même type: d’un coup, on focalise sur un élément, sur des détails qui se perdaient dans la profusion des informations… On a le sentiment de gagner une vision, un sentiment plus précis, ou plus “obsessif” par rapport à l’espace visité.

Nous avons sortis 3 exemples de ce catalogue:

-> Diaporama par ordre de prise de vues (a noter que l’ordre n’est pas parfait: nos caméras n’avaient pas toutes l’heure d’hivers donc il y a des décalages d’une heure entre certain photographes…)

-> Diaporama par thème (Dés-orientation / dé-localisation / perte)

-> Diaporama par type (murs, grillages)

Conclusions:

- Il est difficile, voire impossible, d’attribuer un thème rétroactivement à des images qui n’ont pas été prises dans ce but là (en l’occurence, il s’agissait de repérages très improvisés) -> par la suite, la catégorisation par thème sera plus facile à indexer dans le sens que les médias (images, vidéos etc) seront créés en fonction d’un thème choisi ;

- La plupart des images ont été estampillés avec une bonne dizaine de “tags” (c’est des vues réalistes qui contiennent une multitude d’éléments, dont certains sont prioritaires - mais il y a souvent un peu de tout partout… ce qui ne simplifie pas la tâche) -> pour le moment, nous travaillons “à l’aveugle” - une fois que la base de donnée centralisée sera opéartionnelle, on pourra faire des choix avec une meilleure connaissance des implications que ces choix vont déterminer ;

- Il est souvent difficile de trancher dans le choix à faire si l’on indexe une image avec un type / catégorie ou pas -> par la suite, on devrait pouvoir attribuer les appartenances non pas avec OUI ou NON, mais avec des pourcents d’appartenance (une sorte d’échelle graduée) ;

- Ce premier test a permis de vérifier l’importance de la bonne saisie de ces métadonnées si nous voulons avoir un système qui fasse sens, mais également par ricochet à quel point c’est compliqué et touffu (cela demande une sacré concentration - un peu comme un jeu de memory… sans doute que les enfants seraient les rois dans cet exercice ?!?)

UF

Remarques d’un marmiton sur les pistes thématiques…

Thursday, February 7th, 2008

Une liste de thématiques qui condensent / traduisent les enjeux développés de par ailleurs (link à faire) : justement, quels sont ces enjeux ? sont-ils en relation avec cet espace particulier ou plus génériques ? qui les formule ? selon quelle orientation ? dans quelle visée ?
Mon sentiment : si je considère la liste actuelle des pistes thématiques, j’ai l’impression que l’orientation prise pour définir ces pistes relève d’une lecture résolument subjective / sensible / poétique de cet espace urbain. Ce qui me paraît parfaitement justifié et évite tout malentendu. Non ? Entrons dans le détail :

1 mouvement / arrêt / immersion
… Partir à la chasse des choses enfouies, « carottage » visuel (horizontal et vertical) de l’espace urbain

Choses enfouies ou cachées (par exemple cachées à la vue, mais audibles ; ou alors visibles mais inaudibles, quasiment « muettes ») > jouer avec les relations son-image >> carottage visuel et/ou sonore >>> un « maître » sur ces questions : Michel Chion !

2 public / privé / intime
… Espace (objectif) public / espace (émotionnel) intime ; la mémoire collective / la mémoire individuelle

Petite expérience personnelle : un jour en Syrie un homme, rencontre de passage, me présente sa femme tout en m’interdisant dans la voiture que je conduisais, lui à l’avant, elle à l’arrière, de regarder dans le rétroviseur. Finalement il le tord pour que j’échappe à toute tentation. Qu’est-ce qui fait la limite entre le public, le privé et l’intime ? une limite elle-même subjective et qui diffère selon les personnes et les cultures. Partir à la chasse et explorer (capter) quelques-unes de ces limites, relatives, personnelles, partagées, tolérées, ignorées, bafouées… Qu’est-ce que les locataires de la maison aux nains (vue l’autre vendredi matin) pensent de cette « exposition publique »?
dsc00009.JPG

3 (dés)orientation / (dé)localisation / perte
… fascination / répulsion ; choses visibles / invisibles ; les couches d’histoires qui se mélangent / s’imbriquent ; la simultanéité / l’exclusivité des évènements ; l’ici et l’ailleurs (l’envie d’être dans une autre ville, complémentarité / concurrence des villes)

Ne faut-il pas pour éviter toute confusion limiter cette piste (ce qui est déjà énorme) à notre rapport proprement spatial à l’espace urbain ? Ce que l’on appelle communément notre « sens de l’orientation » ? Notre manière de nous repérer, nous diriger ou nous perdre ? Notre signalétique toute personnelle ? Ici on peut imaginer des séquences de réalisateurs différents qui « rendent compte » de parcours identiques … Histoires de signes.

4 ordinaire - quotidien / échappée (imaginaire) / légendes périurbaines
… se laisser surprendre par le réel, immersion / contemplation – tout en cherchant en quoi les outils utilisés permettent de saisir, garder et transformer ce qui se déroule sous nos yeux quotidiennement.
Là aussi ne faut-il pas choisir un axe mieux marqué et plus limité , du moins au départ, tels que : réel-imaginaire ? Comment en parcourant cet espace se manifeste l’imaginaire et comment représenter cet imaginaire ? L’imaginaire pouvant avoir bien entendu toutes sortes de relations visuelles et sonores différentes avec le réel : décalage son/image à nouveau, collages, montage (le bon vieux effet Koulechov), incrustations, morphismes et autres traitement de l’image, etc.

5 construction / friche / planification, contrôle (programme)
… Comment vit-on aujourd’hui dans les villes occidentales (cf. la question initiale de Marker dans le film « Le joli mai ») ?
Quels sont les enjeux : cachés / visibles ?

Actuellement la a question me paraît très (trop) générale. Surtout pour plusieurs réalisateurs (et non pas un seul comme Marker). Privilégier un axe (une piste) distinct des autres : ici l’espace construit / déconstruit / planifié / aléatoire / contrôlé / hors contrôle…

Note finale: en faisant ces remarques je suis conscient que ces pistes ont été formulées de manière forcément élargie et provisoire. J’exprime juste un point de vue: faire de ces idées de pistes des axes, forcément arbitraires, mais plus simples (sous forme de dialectiques). Ceci ne devrait pas empêcher l’existence des nuages… à suivre !

JFB

En attendant le déluge…

Tuesday, January 29th, 2008

Une rencontre à la tombée de la nuit (pas un nuage à la ronde); on est bien à Renens.

UF

En attendant le déluge…