Bilan Réseau Compétence Design: ECAL le 7 juillet

Résumé de la présentation du projet au comité du RCD (réseau compétence design), le 7 juillet 2009 à l’ECAL.

Étaient présents à la réunion de Bilan : Lysianne Léchot-Hirt / Agnès Gelbert-Miermon / Luc Bergeron/ Jean-François Blanc / Thomas Isler / Lionel Baier / Ulrich Fischer / Nicolas Wagnières / Jeanne Macheret / Pascal Amphoux / Daniel Sciboz / Nicolas Goy / Lionel Tardy / Vincent Jacquier / Nastaran Fatemi.

Le matin déjà, Jean-François Blanc, Luc Bergeron et Thomas Isler ont testé le système en allant “marcher“ quelques films autour de l’ECAL. Dés 14.00 Lysiane Léchot et Agnès Gelbert ont marché les leur, et la réunion a donc pu commencer à 14.30.
Une rapide présentation des personnes présentes a précédé le visionnement de quelques films ainsi que de ceux du jour. Nous avons pu discuter des films tout en les visionnant, et une première réaction, malgré l’amélioration du système ces derniers jours, concerne le manque de continuité du son diffusé durant la marche. Nous avons également constaté les problèmes liés à l’éloignement de certains médias choisis par le moteur (par rapport à la position du marcheur) et enfin la récurrence excessive de certains médias choisis. Je rappelle que la présentation s’est ensuite déroulée sur la base du dossier de rendu et de son annexe.
Je ne vais donc pas parcourir l’entier du dossier, mais m’arrêter sur les moments qui ont retenu des débats. Ulrich a commencé par le schéma animé servant à expliciter la complexité du projet à un large public, schéma à propos duquel Lysiane ajoute que la claire distinction de la marche et du montage, de l’urbain et du digital, n’est pas nécessaire. Il a été ensuite rappelé la visée artistique et documentaire recherchée des films en fin de chaîne, que le film doit faire sens en tant que film mais également par rapport au parcours. On n’est pas dans une salle obscure mais le film traîne avec lui le territoire et la marche. Malgré cela, nous avons aussi rappelé notre incapacité à tirer des conclusions sur les hypothèses de base, au vu de l’état actuel du moteur, l’analyse des pistes de recherche n’est donc pas terminée. Par rapport au questionnaire donné en annexe, Lysiane fait remarquer que d’une part le questionnaire est un peu léger, (à qui s’adresse-t-il, à qui s’adresse le projet…?) et que d’autre part elle trouve étrange comme approche que de générer un objet à partir duquel on se demande à quoi il peut servir.
Au niveau de l’application et de la valorisation, Lysiane insiste sur la confusion possible entre la nature des supports, et les supports eux-mêmes ou canaux.
Sur les tournages, Nicolas exprime le fait que la typologie du territoire, dans un premier rapport, peut guider la forme des tournages. Là-dessus, Lysiane rebondit en affirmant qu’il faut justement aller contre cela, faire le forcing et pousser à la complexité en rendant “passionnant“ les lieux “ennuyants“.
A suivi un bref survol de l’indexation par le biais du CMS (sur le net en projection). Il a été constaté que pour l’instant l’indexation dite objective ne servait pas à grand chose. Sur les critères subjectifs, le rapport au rayon d’influence ne fonctionne pas, car les médias longs “écrasent“ les autres. Il est aussi question du manque de critères pouvant servir à qualifier plus précisément le son et notamment des types de paroles, ainsi que sur la question d’un éventuel “prémontage“, ce qui nous ramène à des hypothèses de base non résolues. Sur le montage, il est dit que la vitesse de la marche (ça ne fonctionne pas pour l’instant) n’a pas d’incidence sur la forme même du film mais sur la durée des médias. Luc Bergeron demande si le moteur a une part d’aléatoire dans son mécanisme, et Ulrich rappelle que le montage, contrairement à un montage classique, connaît “la fin“ par le fait de l’analyse différée au terme du parcours.

Là dessus, Lysiane questionne la place du marcheur comme auteur, et comment le sortir d’un rapport premier où il ne ferait que de subir le dispositif…? Quelle logique amène le moteur à comprendre ce que le marcheur fait!
Suite à une courte pause, la présentation reprend avec les distinctions de structure de montage et de structure de parcours, en précisant que l’analyse des parcours se définit en fonction d’évènements signifiants. Sur ces évènements, il est rappelé qu’il n’y là rien de nouveau, et que les questions de bifurcation/recoupement/boucle sont des figures utilisées dans d’autres disciplines, et que c’est bien grâce à elles que l’on peut faire cohabiter et dialoguer l’aspect technique et l’aspect artistique du projet. Il faut produire de l’effet sur le sensible afin de faire émerger le sens.
Lysiane estime que le résonnement par le résultat et pas par le processus est contradictoire avec la notion de recherche, “ça ne me plaît pas donc je change”. Elle aurait favorisé une logique de départ, des médias caractérisés par une indexation pour définir des règles du jeu, qui après permettent de jouer. Si le cinéma peut se faire avec une base de données, la différence ontologique tient aux règles qu’on se donne au départ, pas une appréciation critique sur ce qui est terminé.

Il faut que l’évènement soit signifié par le feedback. Lysiane rappelle l’importance de l’interaction entre le marcheur et le Module, ne pas être esclave!
Sur la programmation, Nicolas Goy est d’avis que beaucoup de temps a été investit dans le traitement des médias et le CMS, et que maintenant que l’on connaît la base, il faudrait passer à l’élaboration d’une architecture nouvelle et robuste. Nastaran ajoute que du point de vue de l’ingénieur, il faut mettre de côté les impératifs artistiques, et pouvoir travailler les règles de manière précise.
En guise de première conclusions Lysiane interroge les retombées en terme d’enseignement: “Qu’avez-vous appris en faisant ce projet?“ Elle propose également la rédaction d’un document beaucoup plus succinct que le dossier et ses annexes, une sorte d’hypothèse sur l’état intermédiaire en fin de phase II, qui ne fasse que revenir sur le projet en précisant l’état de ses enjeux actuels. Il manque également une appréciation des utilisateurs. Enfin elle estime que beaucoup de questions étaient déjà posées l’année passée (en fin de phase I), et que malheureusement trop peu de réponses en terme artistiques ont été données, et qu’il reste encore trop de questions générales. Il faudrait revenir à des questions de départ.
Luc Bergeron estime qu’il serait vraiment dommage de ne pas pouvoir continuer et réellement valoriser l’affaire, techniquement et artistiquement. Comment et dans quel cadre trouver un financement pour cette suite, telle est la question de l’été, qui on l’espère trouvera une réponse concrète.

Nicolas Wagnières

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