Remarques d’un marmiton sur les pistes thématiques…

Une liste de thématiques qui condensent / traduisent les enjeux développés de par ailleurs (link à faire) : justement, quels sont ces enjeux ? sont-ils en relation avec cet espace particulier ou plus génériques ? qui les formule ? selon quelle orientation ? dans quelle visée ?
Mon sentiment : si je considère la liste actuelle des pistes thématiques, j’ai l’impression que l’orientation prise pour définir ces pistes relève d’une lecture résolument subjective / sensible / poétique de cet espace urbain. Ce qui me paraît parfaitement justifié et évite tout malentendu. Non ? Entrons dans le détail :

1 mouvement / arrêt / immersion
… Partir à la chasse des choses enfouies, « carottage » visuel (horizontal et vertical) de l’espace urbain

Choses enfouies ou cachées (par exemple cachées à la vue, mais audibles ; ou alors visibles mais inaudibles, quasiment « muettes ») > jouer avec les relations son-image >> carottage visuel et/ou sonore >>> un « maître » sur ces questions : Michel Chion !

2 public / privé / intime
… Espace (objectif) public / espace (émotionnel) intime ; la mémoire collective / la mémoire individuelle

Petite expérience personnelle : un jour en Syrie un homme, rencontre de passage, me présente sa femme tout en m’interdisant dans la voiture que je conduisais, lui à l’avant, elle à l’arrière, de regarder dans le rétroviseur. Finalement il le tord pour que j’échappe à toute tentation. Qu’est-ce qui fait la limite entre le public, le privé et l’intime ? une limite elle-même subjective et qui diffère selon les personnes et les cultures. Partir à la chasse et explorer (capter) quelques-unes de ces limites, relatives, personnelles, partagées, tolérées, ignorées, bafouées… Qu’est-ce que les locataires de la maison aux nains (vue l’autre vendredi matin) pensent de cette « exposition publique »?
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3 (dés)orientation / (dé)localisation / perte
… fascination / répulsion ; choses visibles / invisibles ; les couches d’histoires qui se mélangent / s’imbriquent ; la simultanéité / l’exclusivité des évènements ; l’ici et l’ailleurs (l’envie d’être dans une autre ville, complémentarité / concurrence des villes)

Ne faut-il pas pour éviter toute confusion limiter cette piste (ce qui est déjà énorme) à notre rapport proprement spatial à l’espace urbain ? Ce que l’on appelle communément notre « sens de l’orientation » ? Notre manière de nous repérer, nous diriger ou nous perdre ? Notre signalétique toute personnelle ? Ici on peut imaginer des séquences de réalisateurs différents qui « rendent compte » de parcours identiques … Histoires de signes.

4 ordinaire – quotidien / échappée (imaginaire) / légendes périurbaines
… se laisser surprendre par le réel, immersion / contemplation – tout en cherchant en quoi les outils utilisés permettent de saisir, garder et transformer ce qui se déroule sous nos yeux quotidiennement.
Là aussi ne faut-il pas choisir un axe mieux marqué et plus limité , du moins au départ, tels que : réel-imaginaire ? Comment en parcourant cet espace se manifeste l’imaginaire et comment représenter cet imaginaire ? L’imaginaire pouvant avoir bien entendu toutes sortes de relations visuelles et sonores différentes avec le réel : décalage son/image à nouveau, collages, montage (le bon vieux effet Koulechov), incrustations, morphismes et autres traitement de l’image, etc.

5 construction / friche / planification, contrôle (programme)
… Comment vit-on aujourd’hui dans les villes occidentales (cf. la question initiale de Marker dans le film « Le joli mai ») ?
Quels sont les enjeux : cachés / visibles ?

Actuellement la a question me paraît très (trop) générale. Surtout pour plusieurs réalisateurs (et non pas un seul comme Marker). Privilégier un axe (une piste) distinct des autres : ici l’espace construit / déconstruit / planifié / aléatoire / contrôlé / hors contrôle…

Note finale: en faisant ces remarques je suis conscient que ces pistes ont été formulées de manière forcément élargie et provisoire. J’exprime juste un point de vue: faire de ces idées de pistes des axes, forcément arbitraires, mais plus simples (sous forme de dialectiques). Ceci ne devrait pas empêcher l’existence des nuages… à suivre !

JFB

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